I N D I G N E Z – V O U S

18 mai 2011

UN PAYS HEUREUX

Publié par manseri dans Présentation

Un pays heureux, c’est celui qui permet à chacun de ses citoyens de se soigner convenablement, manger à sa faim, habiter décemment, s’instruire – ‘’qualité de vie importante’’ –
Un pays heureux, c’est celui où la solitude n’étreint pas les vieillards.
Celui qui donne envie à ses enfants d’y construire leur vie.
Où les Etrangers sont les bienvenus
Celui que l’on a envie de construire et d’élever.

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15 mai 2011

Bienvenue

Publié par manseri dans Présentation

Des forces tapies dans l’ombre nuisent à l’Humanité. Aujourd’hui, notre terre est devenue fragile, tant vis à vis des éléments naturels, que de la main prédatrice de l’Homme. A travers ce blog, j’exprime mes émotions et ma colère. Je m’indigne!.

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13 mai 2011

La terrasse de Zina

Publié par manseri dans Nouvelle

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La terrasse de Zina – par Kouti d’Alger – née à Maghnia (Algérie)
Auteur deux romans publiés chez Edilivre Aparis

Aujourd’hui est une belle journée, ensoleillée, radieuse. Il est clair que Zina est déjà accoudée sur le rebord de sa terrasse. Zina est très curieuse, elle est au courant de tous les potins du quartier ; c’est parce qu’elle s’ennuie – intellectuellement ? Ce n’est pas tout ; car elle a bien des charges chez elle, et sa maison est toujours impeccable ; c’est donc qu’elle doit passer beaucoup de temps à son entretien. N’empêche qu’elle est au courant de tout. La curiosité, de toutes façons, est inhérente au caractère humain ; c’est d’elle qu’on s’instruit, parfois qu’on sème la zizanie, et parfois qu’on avance…. Ceci est un autre débat.
Il y a les nouvelles inédites, les insolites, les habituelles, et quelquefois on ressort même les anciennes anecdotes.
J’ai toc toqué chez Zina….. Un deuxième toctoc….. Sonnerie !
- excuse-moi, j’étais dans la terrasse
- ce n’est pas grave, je suis juste venue t’apporter les épices marocaines dont je t’ai parlé
- hum ! rentre
- j’ai partagé avec toi ce que ma sœur a bien voulu me donner, après son retour du Maroc
Soit dit en passant, les épices marocaines mentionnées sont excellentes, tant pour une bonne soupe (la fameuse Harira) que d’autres plats.
- ça c’est le gingembre en poudre, ca c’est le carvi, et ça le kébèbe
- mon Dieu comme ça sent bon ; ça n’a rien à voir avec ceux que l’on achète ici
- ça dépend, parfois on trouve de bonnes choses, les Algérois sont spécialistes dans le mélange du ras-el-hanout
- rentre ; on va prendre un café, en même temps j’ai quelque chose à te dire
La terrasse de Zina est très agréable ; c’est presque un petit jardin, qui plus est domine un pan de la baie d’Alger, car Zina habite dans une vieille bâtisse rénovée, située dans le quartier de Notre Dama d’Afrique, comportant deux étages, dont elle, occupe les deux premiers (dont le rez-de-chaussée) pendant que son frère et sa femme logent dans le deuxième ; ils maintiennent une entente parfaite, car l’accès aux demeures de chacun est indépendant ; ce qui était avant une habitation dégradée est devenue un petit bijou brillant de mille fleurs et arbustes feuillagés. Au départ la demeure a été construite par une famille pied-noir ; le deuxième étage a été adjoint par la suite, quand les familles algériennes sont devenues trop nombreuses pour un espace exigu. Le mari de Zina et son frère se sont entendus pour partager la demeure ainsi. La terrasse de Zina donne aussi sur plusieurs habitations échelonnées sur la pente ; elle fait parfois des signes aux voisines, quand elles étendent leur linge, ou prennent leur café dans la cour de leurs maisons. Presque toutes les maisons de ce quartier ont été réaménagées ; quelques-unes dévoilent un trésor d’arrangement ; avec des moyens modestes, les habitants ont su donner à leur quotidien un charme particulier. Vous allez simplement prendre un café chez une voisine, vous en ressortez les yeux pleins de bonheur d’une convivialité retrouvée, et d’un service impeccable; plateau argenté, agrémenté d’un joli napperon brodé, cafetière et tasses en porcelaine, gâteaux faits maison avec un parfum incomparable. Un vrai régal, un vrai moment de détente dans un milieu d’une propreté sans faute. C’est ainsi que dans la terrasse de Zina, où justement je m’apprêtais à déguster un excellent café au lait, agrémenté d’un cake délicieux :
- tu te rappelles de Flèna
- vaguement
- si, la dame qui …………….
Zina me rapporta dans tous les détails une anecdote familiale riveraine, qu’il est inutile de rapporter, mais que je trouvai ahurissante de par la précision des faits, et l’intérêt qu’elle suscitait chez Zina ; je n’ai jamais osé le lui dire, mais franchement je trouvai parfois que sa curiosité dépassait les bornes, que c’était une intrusion par les commérages dans la vie privée des gens.
- chacun a ses problèmes, lui dis-je en conclusion, nul n’est à l’abri de quoi que ce soit
Zina a bien compris que je réprouvais un peu cette curiosité presque indécente, de par l’immixtion perpétuelle dans la vie des voisins ou des gens du quartier. Mais enfin, elle n’est pas méchante ; il faut reconnaître que le fait de prêter l’oreille encourage les ‘’commérages’’, mais souvent on ne peut pas faire autrement que d’écouter poliment, et même parfois, faire semblant d’acquiescer.
La nature humaine est ainsi faite ; tant qu’il s’agit que de commérages, ça passe encore. Les malversations, il faut avoir le courage d’y couper court.

J’ai cité la terrasse de Zina ; en fait c’est l’arrière-cour du rez-de-chaussée, et comme elle surplombe les hauteurs d’Alger, cette cour peut aisément être assimilée à une terrasse ; on y trouve toutes sortes de plantes, et les fleurs tel le géranium blanc, le jasmin, le hibiscus, un figuier, un oranger ; le tout admirablement agencé.
- maintenant qu’il va faire beau, je vais faire la cuisine en plein-air
- tu nous inviteras pour des brochettes, alors
- Inchallah !

Ma maison est située à quelques pas de celle de Zina. Elle aussi vient souvent me rendre visite ; c’est ainsi que l’on passe le temps, quand vraiment on n’a rien de pressant à faire. A part les emplettes quotidiennes, et la visite hebdomadaire du marché à légumes et viandes, celles qui n’ont pas d’autre occupation s’invitent chez les voisines. A part cela, il n’y a pas grand-chose pour les personnes qui ont peu à peu, volontairement ou pas, coupé avec leurs contacts. Heureusement moi, après ma retraite, et même bien avant, je me suis mise à l’écriture. …
Aujourd’hui, Zina a beaucoup à faire. Elle doit prêter sa maison à des voisins qui ont perdu leur grand-mère, dont l’habitation ne suffit pas à contenir des dizaines de femmes venues assister à la levée du corps – les femmes n’assistent pas à l’enterrement – Elle a réaménagé l’espace en vue d’accueillir un maximum de personnes ; voilà le génie de cette femme, prompte à épier, diligente aux actions d’appui et de ‘’logistique’’.
Les ‘’djanaza’’ (enterrement) exigent beaucoup de temps et d’argent pour les familles des défunts. A cette occasion, le rituel exige des pratiques religieuses et sociétales particulières dans les communautés musulmanes, Pour ce qui est des Algériens, les funérailles s’étalent sur une durée de trois jours au moins. Les musulmans affrontent la mort avec dignité en général, et tiennent le cérémonial comme un évènement faisant partie intégrante de la vie quotidienne. Cela ne veut pas dire qu’il se déroule sans douleur et sans larmes. Cet évènement fédère toute la communauté proche ; on se déplace de loin pour assister à l’enterrement, même de l’Etranger. La présence des parents et alliés se veut comme un soutien à la famille du défunt(e). Ils apportent aussi leur aide par des dons de produits de consommation, et par leur participation aux préparatifs des repas de circonstance.
Après le troisième jour, à l’occasion duquel un grand repas d’Adieu au défunt(e) est organisé, la maison se vide peu à peu, et gare aux solitudes……
Parlons des mariages, heureux événements, bien que la mort soit une réalité que nous sommes forcés d’assumer, et du déroulement somptueux des fêtes. Somptueux, même pour les moins aisés, les familles mettent toute leur fortune au service des mariés.
Justement Zina doit marier son fils cet été……
A suivre
Parlons des mariages, heureux événements, et du déroulement somptueux des fêtes. Somptueux, même pour les moins aisés, les familles mettent toute leur fortune au service des mariés.
Quand deux jeunes se connaissent, se fréquentent, et décident de se marier, les parents s’investissent totalement dans l’organisation du mariage. Il faut d’abord faire la demande officielle de la jeune fille, auprès de ses parents ; il y a un premier contact symbolique, qui rassemble les proches des deux futurs mariés, dans le domicile de la jeune fille. Puis un deuxième rendez-vous pour sceller le pacte, à travers des dons en nature tels que un cadeau en or, ou de valeur, des pâtisseries, des fleurs, des parfums si possible ; cela dépend des moyens du garçon, et de sa famille. Cela se passe en communauté réduite, en attendant le grand jour.
L’espace temps entre la demande et le mariage officiel varie selon les circonstances ; cela va de six mois à deus ou trois années pour diverses raisons. L’important c’est que la demande soit faite ; les coutumes sont strictes, il faut éviter autant que possible le qu’en dira-t-on, et puis la jeune fille est rassurée d’une union pratiquement certaine avec son heureux élu..
Pendant ce temps, si la date du mariage est fixée, les deux mamans ont beaucoup à faire, chacune de son côté. Même les papas, et généralement, les proches (sœurs, belles-sœurs, cousines, tantes, frères etc.). il faut déjà penser à contacter l’Imam pour la Fatiha (cérémonie religieuse obligatoire et profession de foi).sans cela, le mariage n’est pas valide religieusement. Cela se passe en principe au domicile de la mariée ; les hommes de la famille entourent l’Imam pour la Fatiha (verset d’ouverture du Coran) pendant que les femmes sirotent leur café dans un salon à part. Les époux sont unis du point de vue religieux. L’état civil a été auparavant consigné dans l’acte administratif de circonstance. Depuis quelques années, nulle Fatiha n’est consacrée si le mariage n’est pas déclaré à la mairie ; un nouveau règlement pour protéger la femme d’un éventuel remariage religieux de l’époux, à son insu.
Un repas, généralement du couscous assorti de généreux morceaux de viande, et une salade. Sans oublier les accompagnements sucrés…..
Ce n’est pas fini, il y a le rituel du henné
Chaque nouvelle mariée est soumise à ce rituel. Il peul être accompli dans la soirée qui suit la cérémonie de la Fatiha ; comme il peut être reporté à une date ultérieure, c’est selon. Ce soir-là, toujours au domicile de la future mariée, les femmes de la famille, les parents proches du marié, quelques voisines, et quelques amis sont invités au repas du henné. C’est après le dîner que le dispositif est mis en place ; plateau et accessoires en cuivre, cernés de rubans roses, pour les ingrédients nécessaires à la pose du henné. Selon les familles, il en est qui vont très loin dans le dispositif et les accessoires en recherchant toujours ce qui fera le plus sensation, comme il en est qui opèrent dans la plus stricte simplicité, cherchant avant tout à accomplir un cérémonial inscrit dans les mœurs depuis des générations.
La mariée, vêtue d’un apparat spécial, ayant la tête couverte d’un voile descendant sur le front, des bijoux traditionnels, un maquillage discret, tend la main droite pour la pose du henné, qui aura été préalablement humidifié grâce à l’eau de fleur d’oranger et un peu de sucre pour la chance ; le henné lui-même est consigné dans ce code de la chance et du contre-mauvais-œil. Puis la main gauche ; d’autres font même les pieds. On protège les mains et les pieds par du coton et des gants en satin, pour que le henné prenne. La mariée est sacrifiée pendant quelques heures sans pouvoir se servir de ses mains tout au moins. Mais enfin, c’est le bonheur au bout de la course, espérons-le !
Pendant la pose du henné, une parente est désignée pour chanter des louanges et souhaiter un bel avenir aux mariés et à leur famille, et donner des recommandations ; après chaque rime, les youyous fusionnent. C’est solennel et émouvant. Ça donne la chair de poule et l’envie de verser quelques larmes pour les plus sensibles.
La soirée est agrémentée de café et de thé à la menthe, accompagnés de pâtisseries ‘’fait maison’’ dont le spécimen-roi est le makrout au miel – gâteau de semoule et beurre.
Chaque région a ses recettes, comme partout ailleurs, mais désormais chacune d’elle s’est appropriée la produit de l’autre, la baklawa que l’on ne mangeait qu’à Constantine et sa région se retrouve à Tlemcen, tandis que le griwech de Tlemcen est servi dans les assiettes des Algérois et des Kabyles, et ainsi de suite. Sauf que chacune de ces régions se réclame de l’excellence de sa ‘’spécialité’’.
Zina avait elle-même célébré le henné de sa fille, un an auparavant, dans sa terrasse, qu’elle avait admirablement transformée pour la circonstance. Le service a été parfait, comme toujours chez elle, et sa fille très jolie dans sa tenue algéroise. Aujourd’hui, Nassima, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, attend son premier enfant.
La prochaine suite, et la fin, fera l’objet de la description du mariage du fils de Zina, si les lecteurs le veulent bien.
Le mariage du fils de Zina
Rien que pour un petit café servi à ses amies, Zina frise déjà l’excellence dans la prestation.
- Zina, ne te casse pas la tête, nous ne sommes pas des étrangères
- Je n’ai rien fait de spécial, c’est le service de tous les jours
Et voilà le plateau argenté, et le service à café en porcelaine, joliment disposé sur un beau napperon, les petites serviettes brodées, les gâteaux succulents, les coupes de confiture qu’elle a préparée la veille, car il est hors de question pour Zina de servir de tels produits à ses invitées, s’ils ne sont pas faits-maison…..je le répète, c’est un moment de bonheur.
Zina est donc très affairée en ce moment, elle n’a presque plus le temps de se prélasser sur sa terrasse. Par contre, elle en a fait son lieu de vie, comme chaque année durant toute la belle saison. C’est là que tout se fait ; les repas du jour, les pauses déjeuner et dîner, sans oublier le café, et tous les travaux qui nécessitent de l’espace, comme par exemple le nettoyage de l’argenterie, ou le rembourrage des matelas et des coussins. Car chaque année, Zina et ses filles lavent tous les accessoires en tissu de la maison : les rideaux de toutes les chambres, les couvertures, les dessus de lit etc.… Sa terrasse est alors convertie en un séchoir parfumé, où l’on a de la peine à se mouvoir entre les pièces de linge étendues. Ça sent bon et ça donne envie de faire de même chez soi. Ce sont les plaisirs simples de la vie, malgré la tâche assez rude. Pour aller plus loin, je dirais que c’est un plaisir de glisser sous de bonnes couvertures bien propres, dès la saison fraîche. Zina a l’habitude, elle est nerveuse et dynamique. Tout de même, elle commence à présenter des signes de fatigue.
Cette année, en plus des activités quotidiennes, elle doit préparer le mariage de son fils. Ce n’est pas une mince affaire. Après avoir passé toutes étapes de la demande en mariage, et de la Fatiha (mariage religieux) pour lesquelles il a fallu faire des efforts et des dépenses, tels que les cadeaux préliminaires pour la future mariée, -montre en or par exemple, parfums de luxe, et les gâteaux aux amandes, il faut aujourd’hui penser au repas du marié, à la veille de la cérémonie, et à la fête grandiose qui rassemblera la famille et les amis. Et pour cela, Zina n’a pas l’intention de lésiner sur les moyens. Toutes ses économies et celles de son fils vont subventionner l’évènement. C’est ainsi que cela se passe dans notre société, encore de nos jours. La solidarité familiale est de mise, quelque soient les circonstances. A suivre (les préparatifs du mariage)
Les préparatifs du mariage
Le mariage traditionnel en Algérie s’inscrit dans la durée. La période annonciatrice est déjà source de joies, et la maison du mariage se pare de bruits, couleurs et odeurs festifs. La maison est nettoyée de fond en comble pour accueillir les invités, même si la fête se déroule le plus souvent dans une salle.
Antérieurement, les familles célébraient le mariage dans le domicile familial, et c’était une lourde tâche que de recevoir les parents proches parfois jusqu’à une semaine avant le jour décrété. Ils dormaient, mangeaient et buvaient pendant autant de jours qu’il fallait avant, pendant et après la fête. Heureusement, la plupart du temps, cela se passait en été, ainsi on s’accommodait des moyens les plus propices, parfois les plus aléatoires.
Zina, elle, ne s’accommode pas justement de l’aléatoire ; tout doit être bien fait, et tout le monde doit être bien reçu. Pour cela, elle a transformé sa terrasse en vaste salon, avec banquettes et fauteuils à l’appui, et destiné les chambres uniquement au coucher des invités. Parmi ceux-là, des parents vivant hors d’Alger, quelques amis, une sœur et un frère vivant à l’étranger, avec ‘’armes et bagages’’. Ils sont là depuis une semaine, avec leurs enfants. Tous sont heureux d’assister à la fête ; la charge est lourde, mais Zina, avec l’aide de ses deux autres filles non encore mariées, de ses sœurs, et de deux voisines venues donner un coup de main, s’en sortent bien. On se lève tôt pour assurer le petit-déjeuner des enfants et des adultes. Le plaisir des yeux commence tôt chez Zina, cafetières dégageant le sublime arôme du café, thermos remplis de lait chaud, madeleines et cakes à volonté ; fleurs et jasmins en parade ; mais on ne touche pas aux gâteaux de la fête, commandés pour la première fois dans une pâtisserie orientale, réputée à Bab-El-Oued. Pour les fiançailles de sa fille aînée ; Zina et sa voisine avaient tout confectionné elle-même : makrouts, cornes de gazelle, griouèches, dattes fourrées.
Pour le mariage de Rédha, évènement plus conséquent, réunissant un nombre presque incalculable d’invités (250 à 300 personnes, parfois plus), Zina a choisi cette solution, bien que plus coûteuse ; 300 gâteaux aux amandes et noix, de quatre sortes différentes, laarayaches, baklawas, knidlettes, m’khabez, pour mettre dans la boîte à offrir aux invités, sans compter les samsas au miel et les cornets fourrés offerts en fin de cérémonie, ces derniers ayant été façonnés par Zina et ses filles. Et ce n’est pas tout. Il y a les entrées à servir avec les boissons fraîches, ainsi que les dragées importées de Lyon grâce à sa sœur.

13 mai 2011

L’Algérie des Zénètes (suite)

Publié par manseri dans Roman historique

Les Sanhadja et les Zénètes, chacun de son côté, firent durer qui sa lutte acharnée, qui sa résistance par les moyens disponibles ; les premiers ont été aidés un moment par les Omeyyades, en hommes et en armes. Les deuxièmes affaiblis par l’esprit de clan et la cupidité de leurs semblables reculèrent ; mais la révolte gronda chez les Zénètes ; au fur et à mesure que les Sanhadja marquaient du recul à leur tour pour des raisons similaires, les Zénètes reconstituaient leurs troupes. C’est dans ce contexte qu’Ismail a situé l’installation des Béni Ouassine dans ces lieux au XIIIème ou XIVème siècle, au cours duquel les Zénètes Mérinides et Abdelouadites reproduisirent le même cadre conflictuel que celui entretenu par les Ifrénides et les Maghraoua. La lecture des textes se rapportant aux luttes, massacres, saccages, qui ont ponctué le règne de ces deux dynasties, définit un contexte de violence précurseur de déclin, et jette le trouble sur la notion de rassemblement.
Extrait de  »la vieille demeure abandonnée » publié par Kouti chez Edilivre Aparis en avril 2010

13 mai 2011

L’Algérie des Zénètes

Publié par manseri dans Roman historique

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Ce qui importait pour Ismail, c’était de tenter la reconstitution pièce par pièce des fragments du passé. Il imagina le long périple de ses ancêtres à travers l’espace et le temps, quand ils apparurent il y a bien des siècles dans l’embrasure de l’Ifriqiya, guerriers farouches à la conquête de nouveaux territoires de transhumance. Faute de lectures documentaires suffisantes, il donna crédit à ses hypothèses à partir d’annotations approximatives, laissant supposer que les béni Ouassine au gré des haltes et des obstacles, parvinrent à pénétrer jusque dans la Haute Moulouya ; Idris 1er et II les trouvèrent musulmans
Extrait de  »a vieille demeure abandonnée » publié par Kouti chez Edilivre Aparis en avril 2010

10 mai 2011

Extraits de la vie de Akli

Publié par manseri dans Roman historique

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Extrait du  »destin de Akli » publié chez Edilivre Aparis en décembre 2009
Akli est né en Kabylie, dans une petite localité faite de quelques maisonnettes, sur le flanc d’une montagne ; il se souvient des conditions de vie injustes dans lesquelles vivaient les siens, avant qu’ils ne quittent ce lieu pour s’installer, en famille, à Alger ; il n’avait que cinq ou six ans, mais sa mémoire a gardé intacts les moindres détails des moments passés à la Casbah, quand les Américains déambulaient dans ses ruelles, leur chewing-gum dans la bouche, lors de la deuxième guerre mondiale, quand les tramways traversaient les artères d’Alger, et quand crépitèrent les premières armes de la guerre de libération ; puis vint l’indépendance de l’Algérie, et les composantes d’une existence nouvelle …… pleine de joies et de peines. Il décrit avec humour, naïveté et douleur, les différentes épreuves qui ont marqué sa vie d’Algérien libre.
in / Le destin de Akli – éditions Edilivre Aparis déc 2009

Le destin de Akli

Nous sommes à peu près en 1935, l’Algérie est sous domination française; notre hameau était composé de quelques maisonnettes rassemblées sur la colline et à cette époque, les membres de ma famille vivant dans cette même maison étaient ma grand-mère Yasmina, ma mère, mon oncle maternel Ahmed, mon frère aîné Mohamed, âgé d’environ neuf ou dix ans et moi-même; mon autre oncle Boudjemaa faisait son service national sous le drapeau français. Il manquait une personne, mon père, et j’ai posé la question à ma mère :
- tous les enfants du village ont un père, qu’ils appellent ‘Vava’ et le mien, où est-il ?
- Il est parti loin, très loin, mais il reviendra bientôt – me répondait ma grand-mère. En fait, je n’étais pas encore né quand mon père a fait l’objet d’une transportation vers une destination inconnue.

Souvent je voyais ma mère pleurer, et je pleurais aussi; quand j’insistais sur la même question, mon oncle Ahmed me prenait sur ses genoux et me disait : ‘’ne pleure pas, je vais aller chasser aujourd’hui et je te rapporterai des lièvres, des perdrix’’. Mon oncle chassait, en utilisant des pièges de fortune, qu’il fabriquait lui-même à l’aide d’une plaque en bois et de fil de fer, et je le voyais souvent partir en forêt, avec son piège sur le dos; quelquefois il ramenait quelque menu gibier…Il me racontait des histoires, pour remplacer un peu mon père. Pour me faire rire, il racontait n’importe quoi, faisait le singe.

Un jour, je surpris ma mère et ma grand-mère en pleurs, en compagnie d’une tante – Ferroudja – qui habitait dans une autre dechra; plus tard, on m’en a expliqué la raison; mon oncle Ahmed, le seul homme de la maison, était à son tour appelé sous les drapeaux. Après son départ, la maison est devenue affreusement vide; on me disait :
- ton oncle est parti en voyage
De nouveau, je me sentis orphelin, malheureux, seul.

Sans homme et sans ressources, ma mère dut affronter les pires peines pour nous entretenir. Les frères de mon père ne l’aimaient pas, elle devait, la pauvre, louer la force de ses bras aux petits propriétaires de terrains de culture, situés sur les pentes de la montagne; elle passait de longues journées à retourner la terre, à l’aide d’un petit outil artisanal, qu’elle employait en tant que bêche.

Inlassablement courbée, ma mère pour bêcher m’attachait sur son dos, car j’étais capricieux et pleurnichard; quelquefois, elle obligeait Mohamed, mon frère, à jouer avec moi; il faisait le cheval, et moi, le cavalier.

En échange de son labeur, les employeurs de ma mère la gratifiaient de quelques figues sèches, ou de deux ou trois kilogrammes d’orge, selon la saison et les récoltes; c’était une pire misère. L’esprit d’exploitation n’appartient pas qu’aux autres. La misère appelle la misère.

2ème extrait

La démobilisation des contingents

Vint le moment de la démobilisation des contingents africains et Hilda fut prise de panique; elle s’était grandement attachée à moi et ne cessait de pleurer en pensant à mon départ vers l’Algérie. Ses visites à la caserne me causèrent quelques ennuis avec l’Administration..
- emmène-moi avec toi en Algérie, je travaillerai et t’aiderai à nourrir tes petits frères et sœurs, me disait-elle.

Hilda avait le statut de réfugiée, elle n’avait pas le droit de quitter le territoire allemand; les frontières étaient verrouillées car toute personne qui avait fait les camps soviétiques était à surveiller; malgré cela, à deux reprises, comme l’on annonçait un éventuel retour vers l’Algérie, elle traversa la frontière franco allemande pour tenter de me précéder à Alger et revint vers l’Allemagne; la date exacte de retour vers l’Algérie demeurait secrète et presque hypothétique.
- pourquoi es-tu revenue ?
- je n’ai pas pu passer; il n’y a aucun consulat allemand
- retourne en France et essaie d’embarquer, il n’y a aucune autre issue

3ème extrait

Volontariat

La tutelle syndicale a lancé un appel aux Algériens pour une campagne de volontariat en faveur des domaines agricoles autogérés ; la main-d’œuvre utilisée était insuffisante en expérimentation et en nombre ; tous n’étaient pas des fellahs (paysans rompus aux tâches agricoles). Cet appel s’est généralisé à tous les secteurs de l’emploi, également chez les étudiants, qui ont répondu en masse ; il y avait en eux une grande ferveur idéologique, teintée de couleur marxiste ; ils avaient une maturité politique exceptionnelle, et un encadrement universitaire de qualité, formé de professeurs émérites, aussi bien Algériens qu’Etrangers ; d’après ce qu’on disait, les amphithéâtres étaient pleins, notamment dans les filières sociologiques, celles-ci ont d’ailleurs fait l’objet d’une surveillance étroite de la part de l’appareil d’état. C’est au cours de cette période que fut lancée la campagne d’arabisation dans certains domaines d’études.
J’ai organisé pour un vendredi une sortie dans un domaine agricole, situé à quinze kilomètres environ à l’ouest d’Alger :
- ce vendredi, nous allons aider les fellahs à travailler la terre ; vous êtes d’accord ?
Tout le monde a répondu oui ; sur place, nous avons procédé à plusieurs actions de défrichage, de reboisement, de débroussaillage, nos mécaniciens ont réparé deux tracteurs ; juste avant le départ, le responsable du domaine m’a retenu quelque temps pour me faire part de ses besoins en matériels et outillages, en cas d’une éventuelle mission ; arrivé sur l’emplacement où stationnaient les cars, je constatai, ébahi, qu’il n’ y avait plus personne :
- ils sont partis sans moi, les abrutis !
Moi qui étais si content de ma journée, j’étais bien coincé, vexé, j’ai dû faire des kilomètres à pied pour trouver un moyen de rentrer chez moi :
- vous m’avez laissé tomber, hein ! leur reprochai-je le lendemain
- chacun pensait que tu étais dans l’un ou l’autre car
- sans moi, vous êtes des moutons sans berger

4ème extrait

Je me rappelle en particulier d’un événement précis, en 1992, quand nous entendions non loin de chez nous un prêche à haute voix, fait par un membre important du F.I.S. invitant les algériens à changer leurs habitudes vestimentaires et alimentaires ; au même moment, le Président Chadli annonçait sa démission forcée ; ce n’est qu’après un bon moment que le prêcheur stoppa brusquement son sermon, pour avoir certainement eu l’information de cette nouvelle qui allait plonger le pays dans un cycle de violence sans précédent, et dans une aventure institutionnelle improvisée. Cela sembla burlesque qu’au même moment des gens faisaient un discours triomphaliste à un public attentif alors qu’un Président présentait un profil bas pour avoir été piteusement démis de ses fonctions.
Tout le monde a été pris de court par cette démarche, les uns y voyant le seul recours possible, les autres une menace pour leur règne auto proclamé ; toutefois, les Algériens dans leur ensemble ont été déroutés par l’ampleur du phénomène de cassure, qui a entraîné le pays d’une situation de mal vie à celle d’une barbarie terrifiante. Du coup certains disaient qu’il valait encore mieux vivre sous le règne de l’ancien parti, que de subir un tel état de peur et de terreur. Le Président Boudiaf se fit tuer, lui qui représentait l’espoir d’un gouvernement intègre et populaire. Kouti me téléphona du bureau tant elle était consternée :
- on a tué le Président Boudiaf !
J’allumai immédiatement la radio pour confirmer cette nouvelle terrifiante. Il a été tué en direct. La jeunesse lui réserva un adieu chaleureux et poignant, considérant que lui seul pouvait prôner une politique d’intégrité et de justice sociale. Il a énoncé certains principes directeurs, inscrits dans ce que l’on a appelé les résolutions de Boudiaf, dont celui-ci :
- ‘’un des axes principaux du changement sur la transformation des rapports entre le citoyen et les administrations, c’est qu’il faut en finir avec la ‘’hogra’’ (injustice) le piston, les passe-droits, les comportements mafieux’’

Le Président Boudiaf semblait déterminé à éradiquer la source du mal

30 mars 2011

Une photo du stage de Bologhine (ex Saint Eugène) Alger du haut de Notre Dame d’Afrique

Publié par manseri dans Photos d'Alger

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Pour ceux qui en ont la nostalgie, voici une photo de la baie d’Alger prise à partir de Notre Dame d’Afrique

 

 

Baie d'Alger
 
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29 mars 2011

Je suis très peinée par ce qui se passe actuellement au japon et en Libye

Publié par manseri dans Politique et société

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Quelle catastrophe! Le Japon a fait l’objet d’un malheur sans commune mesure avec ce qu’il a subi précédemment – Des familles sont endeuillées – D’autres ont tout perdu – Des enfants sont choqués, devenus orphelins, sans abris, sans nourriture suffisante – Des vieillards sont traumatisés – Ce peuple à la dignité millénaire est désemparé devant l’ampleur du désastre, sa violence inouie – La main de l’Homme a eu sa part dans la configuration dramatique, en référence aux fuites radioactives – Nous sommes là, devant la télé, à suivre tristement le déroulement des faits, sans pouvoir rien faire d’autre que nous apitoyer sur leur sort – Prions pour que Dieu les soutienne, et pour que leur développement technologique devienne un rempart contre les calamités naturelles et non une occasion pour détruire.

La Libye est aujourd’hui sous les bombes de Kadhafi et sous les missiles d’une coalition étrangère – Comment en est-on arrivé là?

La violence est partout.

4 mai 2008

Quelle solution à la violence ?

Publié par manseri dans Politique et société


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Je cherche à comprendre ; les raisons qui poussent l’humanité à encourager la violence, même quand les solutions d’un règlement pacifique existent ; à l’origine, c’est souvent un problème de convoitise des terres, et des richesses des autres ; ressources du sol en particulier. L’homme devient esclave de ses sentiments égoïstes nés de la concupiscence ; puis il est entraîné malgré lui dans une dynamique de violence qui devient générale, voire inéluctable. Est aujourd’hui considéré comme utopique tout projet d’instauration d’un climat de paix. De ce fait, nous vivons dans l’angoisse constante d’une agression quelconque, qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur ; est-ce cela la raison d’exister ? Je pose la question, mais je ne sais s’il y a des réponses.

La légitime défense est le contrecoup d’une situation de conflit que les nations ne peuvent ou ne veulent éviter, et la remise en cause des facteurs de division dérange souvent les uns ou les autres des protagonistes, ou de ceux qui tirent les ficelles.

Avant que l’on n’arrive à l’irréversible, la solution est-elle :

-          dans le partage des territoires ?

-          une reconfiguration géographique ?

-          une politique de concertation entre les peuples?

-          Etc.

Ces options ne concernent que les cas de conflit territorial. Quant aux autres conjonctures de violence (guerre pseudo préventive par exemple) celles-ci relèvent d’une autre perception. Elles ne s’arrêteront que lorsque les états dans leur ensemble, non impliqués dans une démarche de pillage des ressources et d’agression des Etats, s’inscriront dans une stratégie globale de redéploiement des  forces militaires et économiques ; pour freiner les prétentions hégémoniques, et contrecarrer toute tentative de guerre nucléaire, contre laquelle la planète dans son ensemble n’est pas à l’abri. La folie meurtrière peut s’emparer des hommes, lorsque la haine atteindra son paroxysme ; haine religieuse ou raciale, délibérément nourrie par des nations imbues de leur puissance militaire, non morale malheureusement, fondée de nos jours et depuis toujours sur une logique de domination. 

Et si cela devenait possible, de faire un bloc anti-impérialiste? Ne dit-on pas que l’union fait la force ?                     

3 mai 2008

Renaissance d’un lieu

Publié par manseri dans Nouvelle

 

  

Ceci est une belle histoire, qui met du baume au cœur. 

Les jours se succèdent aux jours, sans que rien ne vienne casser leur monotonie. Cela se passe dans un petit pâté de maisons, loin de tout ; quelques vieilles personnes vivotent, les quelques jeunes s’ennuient à mourir, les jeunes filles attendent que la providence vienne leur tendre la main du mariage….. Seuls les enfants, parce qu’ils ne connaissent rien des jeux numériques, trouvent à s’amuser avec n’importe quoi qui leur tombe sous la main. Pour aller à l’école du plus proche des villages, ils faisaient quotidiennement des kilomètres à pied. Pour quelqu’un qui fait une promenade dans ces lieux verdoyants, l’endroit paraît magique, avec ses rivières, sa forêt, son pittoresque. Mais pour supporter les difficultés quotidiennes, il faut être né là-bas, ou n’avoir pas d’autre alternative.

L’eau courante n’existe pas ici ; l’électricité a été frauduleusement subtilisée à un poteau électrique, transitant par là pour fournir en énergie la ville de x. Puis un jour, le hasard voulut que la vie somme toute paisible de ces montagnards changea complètement de mode. Un généreux donateur, natif de cette localité, ayant fait fortune à l’étranger, a gardé de cet endroit les souvenirs d’une enfance pauvre, frugale, mais heureuse ; il voulut y revenir ; mais pas dans ces conditions. Il ne voulait pas non plus bâtir une superbe maison, qui serait une insulte au dénuement des lieux. Il vint pour revoir sa famille, et prospecter le terrain afin de contribuer à faire de ce petit hameau un trésor de villégiature. Toutefois il fallait d’abord convaincre les habitants d’une telle initiative, qui allait bouleverser leur existence ; certains voyaient d’un mauvais œil ce qu’ils considéraient comme une atteinte à leur tranquillité, héritée de leurs aïeux. L’homme approcha d’abord les quelques jeunes qui se montrèrent enthousiasmés à l’idée du changement ; les adultes se montrèrent plus réticents, mais on leur développa l’idée que d’abord toute la population de ce modeste bourg allait bénéficier de mesures incitatives à l’emploi et au bien-être. Et surtout, que les jeunes ne seraient plus tentés de ‘’descendre’’ en ville pour chercher du travail, que souvent ils ne trouvaient pas dans les cités surpeuplées ; au contraire, ils se trouvaient parfois livrés au désoeuvrement et à la débauche. Cet argument pesa fort dans les esprits de cette population habituée à une existence rude mais sereine, soucieuse de conserver les mœurs ancestrales.

Le projet partit de rien, et il fit un tout. Le monsieur en question se rapprocha de toutes les personnes susceptibles de l’aider ; on lui recommanda également de se rapprocher des autorités pour obtenir les renseignements nécessaires à son plan de réalisation ; celui-ci consistait en un programme d’urbanisation et de construction, se résumant en l’édification de logements, d’un centre de santé, d’une école, d’un service postal, de l’eau courante, d’une petite mosquée, d’un centre d’apprentissage pour femmes et d’une bibliothèque. L’urbanisation sera complétée par l’aménagement d’une route principale et de chemins asphaltés. Le ‘’bouche à oreille’’ fit son effet, car deux autres personnalités de la région s’intéressèrent au projet, et vinrent proposer leur assistance au parrainage.

Quelques six mois passèrent à contacter les organismes publics intéressés, pour obtenir les autorisations de l’aménagement du site. En fait, le gouvernement en place avait dans son plan d’urbanisation le développement des zones déshéritées, et cette initiative venait à point nommé pour le concrétiser dans cet endroit. Les trois bienfaiteurs financèrent toutes les constructions, et si la main d’œuvre vint des villes environnantes, on procéda à l’embauche locale en employant quelques jeunes désoeuvrés à la maçonnerie, et à des tâches diverses. Ils rayonnaient de satisfaction, pendant que les anciens observaient ce remue ménage, avec impassibilité parfois, avec incertitude pour d’autres, avec l’espérance d’une vie meilleure pour le reste. 

Au bout d’une année, tels des champignons sortis de terre, juste à côté des anciennes maisonnettes – c’était la condition des vieux de ne pas toucher à ces demeures chargées de souvenirs – s’élevèrent les premiers édifices. Cela incita quelques natifs du pays à visiter les lieux, et à s’intégrer dans des projets d’activités commerciales bien utiles aux habitants, longtemps dénués de tout, obligés de se déplacer loin pour acheter le nécessaire .

Beaucoup de curieux du voisinage immédiat vinrent constater de visu les travaux engagés et le changement opéré ; entre satisfaction, étonnement et frustration, les commentaires allaient bon train. Mais enfin, ce qui comptait pour l’heure, c’était que la transformation donnât de bons résultats, et surtout une satisfaction morale aux habitants du site.

 

A partir de là, les choses s’accélérèrent. Les ouvrages prirent forme, des magasins s’ouvrirent, le centre médico-social commença à fonctionner grâce au recrutement d’un personnel qualifié auquel on attribua des logements ; c’était là la plus grande réussite et le plus grand des bienfaits pour ces familles soumises aux aléas sanitaires. L’école ouvrit une classe, au grand bonheur des tous petits, qui se relayaient dans la journée en attendant que d’autres classes puissent fonctionner.

 

Ce qui n’était donc qu’un petit pâté de maisonnettes rudimentaires devint un ensemble urbain bien aéré et confortable ; les anciens, petit à petit, osèrent s’installer chez les leurs, dans les nouveaux appartements, ravis par les facilités domestiques telles que l’eau courante et l’électricité. On peut le dire, ce fut une renaissance, accomplie grâce à la générosité de quelques bienfaiteurs, à la bonne volonté des jeunes et moins jeunes, et à l’obligeance des autorités de la région.

 

Cela paraît être une utopie, et pourtant, dans un petit coin quelque part dans une montagne algérienne, ce qui n’était même pas un rêve devint une réalité tangible, accessible au toucher et au regard, et surtout, salutaire à bien des égards pour une population qui depuis longtemps, avait perdu jusqu’au sens de l’illusion.

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